UN VICOMTE COMME PRÉSIDENT DE LA RÉGION NORD-PAS-DE-CALAIS-PICARDIE ?

PIERRE DE SAINTIGNON UN NOBLE SOCIALISTE
PIERRE DE SAINTIGNON UN NOBLE SOCIALISTE

L’éternel second s’émancipe. Premier vice-président de Daniel Percheron à la Région depuis 2010 et premier adjoint de Martine Aubry à Lille depuis 2001, Pierre de Saintignon veut devenir président du conseil régional de la nouvelle région, Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Militant du PS depuis 42 ans, l’élu lillois revendique un parcours atypique. Tour à tour chercheur, créateur d’une grosse entreprise d’insertion, ce réformiste résolument européen a toujours entretenu de bons rapports avec les milieux économiques : « Je suis fier de nos chefs d’entreprise qui ont le plus souvent fait le choix de l’économie et de la création de richesse contre la finance. ». Un héritage familliale sans doute, car issu de la grande noblesse française, les De Saintignon furent aussi des industriels de la sidérurgique lorraine.

GRANDE NOBLESSE

Chaises aux armes de la famille de Saintignon

Chaises aux armes de la famille de Saintignon

La famille de Saintignon est une famille noble lorraine originaire de Verdun dont elle occupa la charge de bailli-vicomte héréditaire. Elle faisait partie des Chevaux de Lorraine[1] et fut admise plusieurs fois aux Honneurs de la Cour[2] au cours du XVIIIe siècle. Elle fut propriétaire de plusieurs seigneuries, d’un régiment à son nom (Saintignon-dragons, de 1759 à 1779) et d’usines sidérurgiques (De Saintignon et Cie, de 1878 à 1921). La famille de Saintignon porta à partir du début du XVIIIe siècle le titre de comte et fut titrée baron du Saint Empire en 1746 pour une branche éteinte.

À Verdun, des gisants de la famille dont les tombeaux étaient anciennement dans la chapelle Saint Bernard de la cathédrale sont exposés au musée de la Princerie. À Longwy, on trouve le château de Saintignon, demeure du comte Fernand de Saintignon, propriétaire des usines De Saintignon et Cie, ainsi qu’une avenue de Saintignon. À Thionville ainsi qu’à Réding se trouvent une rue de Saintignon.

Portail de l'hôtel des Saintignon, devenu bibliothèque municipale, rue Foch à Sarrebourg (Moselle)

Portail de l’hôtel des Saintignon, devenu bibliothèque municipale, rue Foch à Sarrebourg (Moselle)

À Sarrebourg se trouve l’Hôtel de Saintignon. À Lasauvage (commune de Differdange) se trouve une place Saintignon. À Nitting se trouve une rue Comtes de Saintignon

COUSIN AVEC  PHILIPPE DE VILLIERS.

Pour le magazine « Nordway » le journaliste Emmanuel Crapulet interroge le vicomte Pierre de Saintignon, tête de liste socialiste aux élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie sur ses origines: « Pas trop dur de s’appeler de Saintignon? ». Réponse de l’intéressé : « Ce nom, j’y suis très attaché. C’est le nom de mes parents. Il a des racines à Longwy, au cœur de l’histoire de la mine ». Petit fils de mineur ?

Que nenni… :

"De Santignon est un châtelain devenu socialiste, Mellick un pseudo socialiste devenu un pseudo châtelain"

« De Santignon est un vrai châtelain devenu un vrai socialiste, Mellick un pseudo socialiste devenu un pseudo châtelain »

Dans le même article, le premier adjoint de Chti’Tine répond à une autre question brisant même un sujet tabou : « Etes-vous vraiment cousin avec Philippe de Villiers ? ». Et notre vicomte socialiste répond sans ambages « Un vague cousin qui, à la suite de deux ou trois remariages, a cru bon d’ajouter son nom au mien. Mais il a effectivement le droit de s’appeler le Jolis de Villiers de Saintignon. Je ne l’ai vu qu’une petite minute, pour faire plaisir à ma mère, mais c’était déjà une minute de trop ».

« TCHO PIERRE »

Jusqu’ici, il était le n°2. A la mairie de Lille, comme au conseil régional. Aujourd’hui Pierre de Saintignon s’apprête à jouer le premier rôle : tête de liste socialiste en Nord Pas-de-Calais/Picardie pour les élections régionales du mois de décembre. « J’ai une liste de 170 personnes, une magnifique liste dans les 5 départements de notre région, que je vais réunir dans les jours qui viennent« , affirme-t-il. Nous allons maintenant nous engager dans une campagne de proximité. »

La proximité, c’est la carte que ce proche de Martine Aubry entend jouer lors de cette campagne. Il se présente en homme de terrain, en connaisseur des dossiers économiques, face à des adversaires bien plus connus et médiatisés que lui : Xavier Bertrand pour les Républicains et l’UDI et  Marine Le Pen, la présidente du Front National .

Pierre de Saintignon, Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis dans l’euphorie du pique-nique républicain.

Pierre de Saintignon, Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis dans l’euphorie du pique-nique républicain.

Mais, pauvre Pierre de Saintignon, même quand les socialistes y mettent du leur… ils arrivent à le desservir. La preuve avec Jean-Christophe Cambadélis, présent le 14 juillet à Lille pour un pique-nique républicain, avec le candidat. Il a surnommé la tête de liste « Tcho Pierre« . Tcho Pierre qui se bat contre les poids lourds Marine Le Pen et Xavier Bertrand, voilà pour le symbole. Le PS savonnerait-il discrètement la campagne du Vicomte ? C’est ce laisse entendre le Canard Enchaîné.

UNE CAMPAGNE CALAMITEUSE

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MONSIEUR LE VICOMTE PARTAGEONS NOUS LES MÊMES VALEURS ?

Les militants de la fédération Socialiste du Pas-de-Calais, du moins ce qui reste, collent pour Pierre de Saintignon. Sa photo bien sûr, mais aussi la nouvelle trouvaille des spécialistes de la communication de la « fédé qui a visiblement perdu le Nord« ,  comme disent les mauvaises langues. Un nouveau slogan « J’ai besoin de toi pour défendre mes valeurs » déclame une Marianne en bonnet phrygien ! Et pan sur le bec du Vicomte !

Qu’en rien ne va ….

UN VICOMTE POUR DEFENDRE LES VALEURS SOCIALISTES !

UN VICOMTE POUR DÉFENDRE LES VALEURS SOCIALISTES !

 

 

[1] Chevaux de Lorraine est le nom donné en Lorraine à deux groupes de familles d’ancienne et illustre chevalerie, qui par leur ancienneté, leurs services rendus et le prestige de leurs alliances représentaient le sommet de la hiérarchie sociale de la Lorraine ducal.

[2] En France, les honneurs de la Cour sont « une distinction nobiliaire très prestigieuse du XVIIIe siècle dont le but était d’honorer de très vieilles familles nobles encore suffisamment représentatives. » selon Régis Valette. Les honneurs de la Cour étaient en principe réservés aux familles capables de prouver leur filiation noble avant 1400 sans trace d’anoblissement, même antérieur. Le Roi accordait cependant des dispenses de preuves aux familles qui s’étaient distinguées à son service, et refusait parfois d’agréer un candidat qui avait satisfait aux preuves exigées, mais dont la famille était jugée trop peu présente sur les champs de bataille. Il écrivait alors, en face de son nom sur la liste qui lui était présentée : « ne se peut » ou « attendre»

 

 

 

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