Pourquoi les féministes s’insurgent de la nomination d’Édouard Philippe

Les associations Osez le Féminisme et les effronté-e-s ont exprimé ce lundi soir leurs inquiétudes après la nomination d’Edouard Philippe à Matignon

Le choix de d’Emmanuel Macron suscite la crainte des féministes. Deux associations ont partagé ce lundi soir leurs inquiétudes, après la nomination d’Édouard Philippe à Matignon.
Osez le Féminisme s’est fendu d’un communiqué pour dénoncer ce choix estimant que l’égalité entre les femmes et les hommes ne semblait « pas une priorité » pour le nouveau premier ministre. L’ex-député UMP de Seine-Maritime s’était abstenu sur la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels en 2013, ainsi que sur la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, a souligné l’association.

Comme le montrent les analyses des scrutins publics publiés par l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a par ailleurs voté contre la proposition de loi renforçant la lutte contre la prostitution. « Ou bien M. Philippe n’a jamais trouvé le bouton ‘pour’ sur la table de vote, ou bien l’égalité femmes-hommes n’est pas une priorité politique pour lui. Curieusement, nous penchons pour la deuxième option », a ironisé Osez le féminisme.

Opposé à l’élargissement de la PMA

Dans une tribune commune avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Édouard Philippe avait expliqué en 2013 sa décision de s’abstenir sur le mariage pour tous, par son opposition à la possibilité d’adoption plénière par les couples homosexuels. Les deux députés avaient dit craindre que cela n’ouvre la voie à une extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes, à laquelle ils étaient « résolument » opposés. « La PMA pour toutes les femmes, promesse de campagne de M. Macron après l’avoir été de M. Hollande, passera-t-elle malgré l’opposition résolue du nouveau chef du gouvernement? », se demandent les effronté-e-s dans un communiqué.
Dans son programme, Emmanuel Macron s’est dit favorable à l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, mais il souhaite attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), « afin d’assurer dans la société un vrai débat, pacifié et argumenté ».
Les deux associations ont par ailleurs regretté que le nouveau président n’ait pas choisi de nommer une femme Première ministre, comme il l’avait évoqué pendant la campagne. A la veille de la présentation d’un gouvernement paritaire, le nouveau président de la République et son Premier ministre sont plus que jamais dans le viseurs des associations féministes.

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