La justice française enquête sur des soupçons de corruption dans le cadre d’une vente de sous-marins au Brésil

Selon des informations du « Parisien » confirmées par franceinfo, la justice s’interroge sur des soupçons de pots-de-vin qui pourraient avoir permis à la France de décrocher fin 2008 une commande de sous-marins par le Brésil. 

Le chantier du premier sous-marin conventionnel brésilien, construit en partenariat avec la France, à Itaguai (Brésil), le 7 avril 2017. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

La justice française enquête sur des soupçons de pots-de-vin qui pourraient avoir permis à la France de décrocher, fin 2008, une commande de sous-marins destinés au Brésil, pour plusieurs milliards d’euros, indique samedi 20 mai Le Parisien. Une information confirmée, dimanche, par franceinfo. 

Selon Le Parisien et des sources proches de l’enquête contactées par franceinfo, le Parquet national financier (PNF) a ouvert, en octobre, une enquête préliminaire pour « corruption d’agents publics étrangers » autour de ce contrat signé le 23 décembre 2008 à l’occasion d’une visite de Nicolas Sarkozy, alors président de la République, à son homologue Lula. 

Le Brésil avait, entre autres contrats, commandé quatre sous-marins d’attaque Scorpène. La transaction prévoyait aussi d’importants transferts de technologie. Le Scorpène est un sous-marin d’attaque conventionnel, fabriqué par les chantiers français DCNS, en coopération avec l’industriel espagnol Navantia. Une source de la présidence française avait, à l’époque, évalué le contrat sur les sous-marins à 6,7 milliards d’euros dont 4,1 milliards pour la France, le reste allant à des entreprises brésiliennes.

La justice s’interroge sur le versement de pots-de-vins

Selon Le Parisien, le PNF s’interroge sur le versement éventuel de pots-de-vins, suivis de rétrocommissions, à cette occasion. Le quotidien affirme que la patronne du PNF, Eliane Houlette, s’est rendue récemment au Brésil, avec toute une délégation dont faisait partie Thomas de Ricolfis, le chef des policiers de l’office anticorruption français (Oclciff).

Dans un communiqué du 9 mai, son hôte brésilien, le procureur général de la République Rodrigo Jano, avait évoqué la possibilité de mener des enquêtes conjointes sur des « cas concrets » de corruption « intéressant les deux pays. »

Le Brésil est secoué par des scandales de corruption à répétition, visant l’actuel président Michel Temer, mais aussi ses prédécesseurs : l’icône de la gauche Luis Inacio Lula da Silva dit « Lula » (président de 2003 à 2010) et Dilma Rousseff (2010-2016). Lula, en particulier, est sous le coup de plusieurs procédures judiciaires dans le cadre d’une tentaculaire enquête anticorruption dite « Lavage express ».

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