Investitures d’En Marche! pour les législatives : accords… et désaccords dans le Nord et le pas de Calais

Décor de la conférence de presse, jeudi, lançant la campagne d'En Marche! pour les législatives / © MaxPPP

Décor de la conférence de presse, jeudi, lançant la campagne d’En Marche! pour les législatives / © MaxPPP

Certaines investitures d’En Marche! dans le département du Nord pour les législatives font grincer des dents parmi les militants et soutiens du nouveau président de la République, Emmanuel Macron.

« On a le sentiment d’être humilié, on a fait un travail colossal pour expliquer qu’on allait faire de la politique autrement et on a été dupé« , déplore également, dans La Voix du Nord , Pascale Ramat, candidate éconduite dans la 8e circonscription, où le député socialiste sortant – et maire de Wattrelos – Dominique Baert semble avoir appuyé l’investiture de son adjointe et ex-compagne Catherine Osson, également conseillère départementale.

Catherine Osson (à droite) en compagnie d’Emmanuel Macron et Dominique Baert à Wattrelos en septembre dernier / © MaxPPP Dissidence à Lomme / Armentières

Dans la 11e circonscription du Nord (Lomme / Armentières), En Marche! a choisi Laurent Pietraszewsky, cadre ressources humaines du groupe Auchan, au détriment de Denis Winckier, conseiller régional centriste. »Mon nom était sur la liste à 15h mais à 17h il avait disparu« , regrette ce dernier sur son blog, où il annonce… sa candidature malgré tout. « Je suis un centriste de toujours et je sais ce que sont les équilibres à trouver, dans la mesure où l’on tourne le dos aux équations molles et que l’on garde en tête la justice et la justesse« , explique Denis Winckier. « Je proposerai dans les jours à venir un ticket qui respecte cette volonté d’éclairer l’avenir, d’articuler les deux dimensions d’une renaissance nécessaire, République en marche et démocratie vivante. » Ce vendredi, sa critique du processus de désignation est un peu plus féroce. « Tout le monde a hélas compris la tricherie organisée par des individualités d’En Marche au regard du Modem« , dénonce-t-il sur sa page Facebook. « Ce qui s’est passé est grave mais surmontable, nous l’espérons tous« , ajoute-il, indiquant qu’il restait « candidat de la majorité présidentielle ». 

Couac dans l’Avesnois

Dans la 12e circonscription du Nord (Le Quesnoy, Solesmes), le député socialiste sortant, Christian Bataille, déjà privé de l’investiture PS, était lui aussi très amer. Alors qu’il avait parrainé la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle et multiplié ces dernier mois les appels du pied, En Marche! avait décidé d’investir la divers gauche Valérie Lheureux, maire-adjointe de Noyelles-sur-Escaut (dans le Cambrésis…), et candidate PS aux dernières départementales. « Valérie Lheureux, je ne sais pas par quel chemin elle a été désignée, ça paraît assez compliqué« , avait commenté Christian Bataille auprès de La Voix du Nord. « Moi je suis très heureux de la victoire d’Emmanuel Macron et j’espère bien renforcer la majorité parlementaire gouvernementale« . A 70 ans, le sortant confirme donc qu’il briguera un nouveau mandat. Mais ce vendredi matin, nouveau coup de théâtre : selon La Voix du Nord, Valérie Lheureux renoncerait à l’investiture d’En Marche! dans un territoire qu’elle ne connaît pas et où se présente déjà le divers-gauche Laurent Coulon, qui fut son binôme lors des départementales.

Christian Bataille, député PS sortant de la 12e circonscription du Nord, espérait le soutien d’En Marche! / © MaxPPP

Un parachutage de dernière minute à Marchiennes

Lors de l’annoncen des candidats En Marche! jeudi après-midi, aucun nom ne figurait pour la 16e circonscription du Nord (Marchiennes, Aniche). Puis celui de Chantal Rybak, ex-adjointe de l’ancien maire UMP de Douai Jacques Vernier qui se dit « apparentée Modem« , est tombé dans la soirée, prenant de court le candidat PS François Delannoy, maire d’Hornaing, qui pensait aboutir à un pacte de non agression avec les « Macroniens ». « Je constate qu’En Marche ! présente un candidat dans une circonscription où le FN menace« , déplore-t-il dans La Voix du Nord. « Il prend ses responsabilités. Je connais des Marcheurs du Douaisis qui ont fait campagne qui vont être ravis de voir arriver une candidate de droite sur le secteur. » Dimanche dernier, Marine Le Pen a en effet rassemblé 55,66% des voix dans cette circonscription détenue depuis dix ans par le communiste « canal historique » Jean-Jacques Candelier qui ne se représente pas.

Flou à Villeneuve-d’Ascq

En Marche! n’a annoncé également aucun candidat pour le moment dans la 2e circonscription du Nord (Villeneuve-d’Ascq, Hellemmes). Le mouvement d’Emmanuel Macron veut-il laisser le champ libre à la députée socialiste sortante Audrey Linkendheld, qui avait accompagné le nouveau président de la République lors d’un déplacement dans une école d’Hellemmes pendant sa campagne? « Je pense que j’aurai été au courant…« , se défend l’intéressée dans La Voix du NordEn Marche! n’aurait toujours pas fait son choix entre plusieurs candidats : le maire-adjoint de Villeneuve-d’Ascq Christian Carnois (Modem), l’animatrice du comité « Mons En Marche » Houmria Berrada, le journaliste Vincent Dupire (UDI) et  l’indépendant Thibaut Vayron de la Moureyre. « C’est une déception car il faudra ensuite s’obliger à une course contre la montre. Les dépôts de candidature débutent lundi, et il faut attendre mercredi », regrette Christian Carnois.

A CALAIS

Les « Marcheurs » du Calaisis reprochent aussi à la Référente départementale son incapacité à rassembler et les nombreuses divisions « pour régner ». « Elle porterait une lourde responsabilité dans l’échec du mouvement dans le département…

 

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