Quatre pattes en guise de tondeuse… l’éco-pâturage est de retour !

L’éco-pâtutage fait son retour pour la troisième année.

Entretenir ses espaces verts par éco-pâturage, rien de plus logique lorsque l’on est le Syndicat mixte d’élimination et de valorisation des déchets ménagers(1). La structure a fait le choix de défricher la prairie du centre de tri d’Évin grâce à cette technique, soit plus de 2 ha de superficie, en partenariat avec Pâture Éco.

William et Kate, Charlotte, Saucisse et Merguez, des moutons d’Ouessant, Nougatine, Tartine et Ciboulette, les chèvres et leurs chevreaux puis les deux ânes Vanille et Grisou ont investi les lieux depuis l’arrivée des beaux jours avec pour mission le défrichage de l’espace jusque la fin d’année. Le syndicat reconduit l’opération pour la troisième fois et profite de l’appétit de la dizaine d’animaux pour limiter l’accumulation de verdure sur le site ainsi que la prolifération de plantes invasives comme la Renouée du Japon. «  Ces animaux se complètent car ils ont des besoins alimentaires différents. Les chèvres préfèrent les broussailles, les moutons d’Ouessant préfèrent les fourrages grossiers et les ânes du Cotentin n’ont pas peur d’avaler ronces, orties et chardons dont ils raffolent  », précise Paul Van Quickenborne, le berger de Pâture Éco spécialisé dans la location des «  meilleures débroussailleuses  », ajoute-t-il amusé et c’est d’ailleurs pour cela que collectivités et entreprises font de plus en plus souvent appel à lui.

Souvenez-vous, en mai 2016 la ville de Béthune veut se mettre à l’écopâturage. Deux moutons, loués par la ville, sont installés au parc Beuvry pendant un mois, puis seront au parc Catorive, pour un mois supplémentaire. « On verra le résultat. Ça ne demande qu’à se développer. C’est expérimental », souligne Jean-Pascal Scalone, avant d’assister au « lâcher » des deux bêtes.
À grand renfort médiatique…et de propagande dans le bulletin municipal.
Ce sont des moutons d’Ouessant (des femelles), de race rustique et… en voie de disparition. Au terme de l’expérience, la mairie évaluera si, au-delà de l’animation qu’apporte la présence des moutons, les gains espérés en coût, par rapport à une tonte classique d’espaces verts, valent le coup. Jean-Pascal Scalone estime que le gain est de l’ordre de 20 %. Selon l’élu, le recours à l’écopâturage est une solution de « complément » voire de substitution, par endroits, aux tontes mécaniques. « Ce sont des tondeuses écologiques », résume l’adjoint au maire.
Comme pour les conteneurs, un fiasco ?

Moins bruyants que des tondeuses, contribuant au passage à une fertilisation naturelle des sols, les animaux choisis par le Symevad sont toujours des races à petits effectifs, en voie d’extinction, «  cette activité préserve et valorise les races menacées car la chèvre des fossés est jugée peu rentable en production de lait et le mouton d’Ouessant est délaissé au profit des races à viande  ».

Et si le Symevad mise sur l’éco-pâturage, c’est aussi parce que ce dispositif complète les visites pédagogiques. Une attraction sur laquelle s’appuie Cyril Henneau, animateur des espaces pédagogiques lors des visites d’écoles, des entreprises et collectivités «  pour valoriser le traitement écologique des espaces tout en maintenant la diversité faunistique et floristique  ».

Entre deux périodes d’éco-pâturage ?

Au moment où la végétation est insuffisante, les animaux continuent à être pris en charge par Patureco, une marque de l’entreprise Vert Azur basée à Sainghin-en-Mélantois et Orchies.

Les chèvres quittent le Symevad en octobre car elles sont en saillie. Les ânes avec leur pelage d’hiver y restent jusqu’en décembre. Pour une bonne gestion du troupeau, les animaux sont hébergés et ils y seront chouchoutés (vermifugation, entretien des sabots ou des onglons, tonte).

(1)  les Communautés d’Agglomération du Douaisis, Hénin-Carvin et la Communauté de communes OSARTIS-Marquion ont souhaité créer un établissement Public ayant pour tâche de concevoir et de mettre en oeuvre une politique ambitieuse  de traitement des déchets sur ces trois territoires.

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