Soupçon d’emploi fictif: Richard Ferrand regrette d’avoir embauché son fils comme assistant parlementaire

Élu député du Finistère en 2012, Richard Ferrand est le premier parlementaire à avoir rejoint Emmanuel Macron. – CHRISTOPHE ENA / AP / SIPA

Après l’affaire immobilière, c’est maintenant des soupçons d’emploi fictif concernant Richard Ferrand que révèle Le Canard enchaîné ce mercredi. Selon l’hebdomadaire satirique, le fils du ministre aurait été rémunéré comme assistant parlementaire par son père en 2014.

Après l’affaire Penelope Fillon et Bruno Le Roux, c’est maintenant au tour du ministre de la Cohésion des territoires d’être soupçonné d’emploi fictif. Dans l’édition de ce mercredi 24 mai, Le Canard enchaîné explique que Richard Ferrand aurait « employé son fiston comme assistant parlementaire durant quelques mois, pour un montant total brut de 8.704 euros ».

 

« Il y a, aujourd’hui, un rejet total de l’idée qu’un parlementaire puisse embaucher un de ses proches »

« Si c’était à refaire, je ne reprendrais pas pour quatre mois, payés au smic, mon fils pour travailler », a affirmé Richard Ferrand au micro de franceinfo ce mercredi après-midi, démentant tout emploi fictif, avant de poursuivre : « Je vois bien qu’il y a, aujourd’hui, un rejet total de l’idée qu’un parlementaire puisse embaucher un de ses proches », a expliqué le ministre de la Cohésion des territoires.

« C’est un peu au débotté que j’avais besoin d’un coup de main. Mon fils était disponible, donc je lui ai demandé s’il pouvait pendant trois ou quatre mois venir travailler, j’insiste sur ce mot. Il a été rémunéré au smic. Ce qu’il a eu à faire était la rédaction de la lettre du député, tenir différentes choses sur mon blog que j’édite quasi quotidiennement », a justifié le ministre de la Cohésion territoriale.

Difficile de « trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement »

Embaucher un membre de sa famille comme collaborateur parlementaire n’est pas illégal, mais à condition que le travail soit bien réel. Contacté par franceinfo, l’entourage de Richard Ferrand a confirmé que le fils du ministre avait bien travaillé pour son père du 13 janvier au 16 mai 2014, mais qu’il ne s’agissait à aucun moment d’un emploi fictif : « Richard Ferrand avait plein de boulot à faire à sa permanence, des choses qu’il n’avait pas eu le temps de faire, comme développer sa lettre de député. Il a demandé à son fils de l’aider à une période où ce dernier n’avait pas de travail ».

Selon nos confrères de franceinfo, un échange d’e-mails confirme qu’Emile Ferrand, âgé de 23 ans en 2014, s’occupait de la rédaction de la lettre d’information bimestrielle du député, de la mise à jour de son blog ou de son compte Facebook ou encore de la réservation des trains. Le cabinet justifie d’une étrange manière qu’il est difficile de « trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet » en Centre-Bretagne.

Le cabinet a également détaillé les salaires perçus par Emile Ferrand : 776,03 euros net en janvier pour 27 heures par semaine, 1 266,16 euros net en février, mars, avril pour 35 heures par semaine et 2 222 euros en mai, comprenant le solde tout compte. Le fils du ministre aurait donc touché 6 796,51 euros nets, soit 1 699,13 euros par mois en moyenne : « Rien de mirobolant », a déclaré le cabinet du ministre.

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