Morano veut des excuses de Macron

Plusieurs représentants politiques ont condamné samedi la plaisanterie du président de la République sur les embarcations de…

Les réactions politiques sont vives ce samedi après la plaisanterie d’Emmanuel Macron sur les Comoriens, prononcée jeudi lors d’une visite dans un centre de sauvetage à Etel, dans le Morbihan. Discutant avec un agent du site, le président de la République a blagué sur le «kwassa-kwassa», un type de canot de pêche des Comores, dont il a dit qu’il «pêchait peu, il amène du Comorien». Cet échange, diffusé par le «Quotidien» de Yann Barthès sur TMC vendredi soir, a déclenché aussitôt une controverse sur Internet. Ces dernières années, de nombreuses personnes ont perdu la vie dans le naufrage d’embarcations de ce genre en tentant de rejoindre Mayotte.
«Ce n’est pas parce qu’on dit que c’était pour rire qu’on n’a rien dit», a déclaré à l’AFP le chef de file de LR pour les législatives, François Baroin. «C’était évidemment choquant, encore plus quand on est président», a-t-il jugé, en marge d’un déplacement en Corse.

«Insensé» pour Duflot

«Si Sarkozy président avait prononcé cette phrase face caméra, le tollé aurait été gigantesque», a assuré Cécile Duflot, sur Twitter.

— Cécile Duflot (@CecileDuflot) 3 juin 2017
Sur le même réseau social Nadine Morano a déploré le «2 poids 2 mesures des journalistes» : «Si j’avais tenu ces propos, ils auraient crié au « dérapage scandaleux, polémique ».» Dans un autre tweet, elle condamne «des paroles indignes d’un Chef de l’Etat en manque de respect flagrant de l’Humain» et exige des «excuses publiques».

— Nadine Morano (@nadine__morano) 3 juin 2017
«Président du groupe d’amitié France-Union des Comores de l’Assemblée nationale, j’invite Emmanuel Macron à régler les problèmes locaux plutôt qu’à en rire», a déclaré le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg.

— Daniel Goldberg (@GoldbergDaniel) 3 juin 2017

Des propos «indignes», selon Pierre Laurent

Contactée par Le Lab d’Europe 1, l’équipe de communication de l’Elysée a reconnu une «plaisanterie pas très heureuse» : «C’est complètement regrettable et malvenu.»
Des regrets qui ne satisfont pas Sandra Regol, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts : «Des propos racistes ne sont pas « pas très heureux », ils sont scandaleux. Une « blague » sur la mort de migrants n’en est pas une.» Elle surenchérit dans un autre message : «Les mots ont un sens, Mr le président.»

— Sandra Regol (@sandraregol) 3 juin 2017
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a dénoncé des propos «indignes» : «Plus que des excuses, la France a un devoir d’hospitalité.»

— Pierre Laurent (@plaurent_pcf) 3 juin 2017

Mais il y a une voix discordante dans le concert de condamnations, celle d’Aymeric Chauprade. L’eurodéputé ancien membre du FN préfère s’en prendre à ceux qui alimentent la controverse : «La polémique ridicule « kwassa kwassa » va-t-elle au moins ouvrir les yeux à @EmmanuelMacron quant à la tyrannie du politiquement correct??»

— Aymeric Chauprade (@a_chauprade) 3 juin 2017

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