les climatosceptiques

En dénonçant l’accord de Paris sur le climat, Donald Trump conforte les climatosceptiques. Ceux qui jugent inutiles des efforts, pourtant largement insuffisants, pour préserver notre planète et lutter contre le réchauffement climatique. D’évidence, le président américain se moque d’être au ban des 195 nations, grandes et petites, qui avaient ratifié l’accord négocié en France, un des succès dont a pu se prévaloir l’équipe Hollande. Il n’en a cure de rejoindre les deux États qui avaient refusé de signer le texte, le Nicaragua et la Syrie. C’est dire… Mais Trump est dans sa logique, une logique populiste. Alors qu’il est rattrapé par différentes affaires, il persiste à s’adresser avant tout à son électorat. Pour l’Amérique profonde, celle des zones désindustrialisées, l’important est la création d’emplois. Tout ce qui pourrait freiner cet objectif – nouvelles normes et renchérissement des coûts – est diabolisé. Ces territoires ne représentent qu’une partie des États-Unis. D’ores et déjà, trente États sur cinquante ont annoncé qu’ils prendraient des mesures favorables au climat, de leur propre initiative. Des sociétés mondialement connues ont dénoncé l’oukase présidentiel. Car elles sont persuadées que l’industrie verte offrira de nouvelles opportunités à l’économie américaine. Et il y va surtout de leur image dans le reste du monde.

Reste la question de la cohésion autour de l’accord de Paris. Après avoir cru, au G7, que Trump reviendrait en arrière, Emmanuel Macron a réagi rapidement à ses déclarations, en s’adressant en anglais… à l’opinion américaine. Comme représentant du pays hôte de la conférence, le président français était dans son droit. Même si sa main tendue aux chercheurs américains pouvait sembler présomptueuse. Il appartiendra demain à l’Union européenne de prendre le leadership, en s’appuyant sur les pays de l’Asie du Sud-Est, à commencer par la Chine, pour éviter que les États-Unis ne fassent des émules. Concrètement, leur retrait n’interviendra pas avant trois ans. Presque le temps d’une nouvelle élection présidentielle américaine. Mais d’ici là, les États-Unis vont s’exonérer de verser leur part aux pays défavorisés. Une urgence pourtant si on veut empêcher des réfugiés climatiques de traverser la Méditerranée. Et il ne suffira pas de construire un mur.

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