BAYROU, TOUJOURS L’HOMME DE LA SITUATION ?  

Il a présenté hier son projet de loi de moralisation de la vie publique sur fond de soupçons d’emplois fictifs touchant le MoDem.  

Quand au bout de trois heures, on ne voit toujours pas de ministres sortir du conseil hebdomadaire, on se dit que quelque chose de grave se joue autour de la table du salon Murat ; qu’il y a du recadrage présidentiel dans l’air après le premier couac entre Édouard Philippe et François Bayrou avant-hier ! Eh bien pas du tout. Officiellement, nous dit le porte-parole Christophe Castaner, la situation entre les deux hommes est « totalement pacifiée » et d’ailleurs, si « tension » il y a eu, « cela ne relève pas du président de la République ». Curieuse réponse, tout de même. Qu’un ministre d’État défie déjà son Premier ministre en claironnant qu’il continuera de parler quand bon lui semble devrait pourtant inquiéter Emmanuel Macron. Surtout lorsqu’on parle d’une intervention directe auprès d’une rédaction –Radio France – faisant son travail d’investigation dans l’affaire des emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires au Parlement européen…

C’est dans ce contexte que François Bayrou a présenté à ce même Conseil des ministres son projet de loi de moralisation de la vie publique, rebaptisée « rétablissement de la confiance dans l’action publique ». C’était une exigence du patron du MoDem, conditionnant son renoncement à une troisième candidature et son ralliement lorsqu’Emmanuel Macron avait encore besoin de lui. Depuis, la donne a changé et le nouveau président est quasiment assuré de pouvoir se passer à l’Assemblée du soutien des élus du MoDem. Une enquête préliminaire est ouverte sur les soupçons d’emploi par le MoDem d’assistants parlementaires payés par le Parlement européen. On ne voit pas comment le chef du parti ne sera pas entendu sur le sujet un jour ou l’autre, situation inédite s’agissant du ministre de la Justice. François Bayrou n’est déjà plus le mieux placé pour défendre son texte…

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