Le Front national entame sa « refondation » après les résultats des élections jugés décevants

Le parti d’extrême droite réunissait ce mardi son premier bureau politique post-élections.

AFP Marine Le Pen en conférence de presse le 14 juin.

POLITIQUE – Il s’en est passé des choses ce mardi 20 juin au siège du Front national, hormis le sort réservé à Jean-Marie Le Pen, laissé aux portes du « Carré ».

Le parti d’extrême droite a décidé lors d’un bureau politique de lancer « sept groupes de travail » pour plancher sur la « refondation » du parti souhaitée par Marine Le Pen, a-t-on appris via un communiqué.

« Afin de dresser un bilan des élections présidentielle et législatives et pour se préparer aux combats politiques futurs, le Bureau politique du Front national, réuni ce jour à Nanterre, a pris un certain nombre de décisions », affirme le FN.

« Sept groupes de travail, constitués de membres du Bureau politique et de cadres du mouvement, vont se réunir au cours des trois prochaines semaines pour évoquer différentes questions (programme et thèmes de campagne, stratégie, fonctionnement du mouvement, animation et gestion des fédérations, organisation des campagnes électorales et réunions publiques, propagande et communication, élus et implantation locale) », précise le communiqué.

« Lors d’un séminaire de travail qui se réunira au cours de la deuxième quinzaine du mois de juillet, chaque groupe présentera un rapport de ses travaux et des décisions en résulteront », poursuit le FN. « Le prochain Congrès national du Front National se déroulera en février ou mars 2018 », ajoute-t-on, alors que la date évoquée jusque-là était fin 2017/ début 2018, et que le dernier congrès du parti s’est tenu fin novembre 2014 à Lyon.

« Ambiance vraiment positive »

Alors que de nombreux frontistes jugent décevants les résultats de la séquence présidentielle-législatives et que certains mettent en cause Florian Philippot dans ces résultats, l’eurodéputé, à la sortie de ce BP, a estimé devant la presse que cette réunion s’est déroulée dans « une ambiance vraiment très positive et dans la camaraderie, la courtoisie, comme l’a demandé Marine Le Pen » la veille lors d’une conférence de presse à Hénin-Beaumont.

Plusieurs ténors FN dans le Sud-Est, comme les anciens UMP Jérôme Rivière (Var) ou Olivier Bettati (Alpes-Maritimes), avaient plaidé le matin sur Twitter en faveur d’une « union à droite ».

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Au même moment, les partisans de Florian Philippot tweetaient un entretien du chercheur Pascal Perrineau au quotidien L’Opinion insistant sur l’utilité de la « ligne sociale », notamment défendue par Florian Philippot, pour arriver à un éventuel « éclatement du plafond de verre » censé bloquer l’ascension du FN.

A l’issue du BP, l’eurodéputé Gilles Lebreton, critique envers Florian Philippot, a qualifié ce rendez-vous de « constructif. Mes remarques, exposées avec franchise, ont été bien accueillies ».

Le parti d’extrême droite se réunissait en « BP » pour la première fois depuis fin 2016. Le parti en a refusé l’accès mardi matin à Jean-Marie Le Pen, exclu en août 2015 en tant que membre du FN mais rétabli mi-novembre par décision de justice comme président d’honneur.

Mercredi matin, les huit députés FN élus dimanche, dont Marine Le Pen (Pas-de-Calais), Louis Aliot (Pyrénées-Orientales) et Gilbert Collard (Gard, réélu), feront leur entrée à l’Assemblée nationale.

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