François Bayrou : « L’emploi au MoDem a été normal, légal et moral »    

« Dans une période de mauvaise passe comme toutes les formations politiques en ont connu, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, des gens de confiance. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux. On leur a recommandé ces gens-là. Les deux parties étaient bien contentes », déclare l’ancien ministre de la Justice dans une interview publiée dans le journal Sud-Ouest.

« Où est l’irrégularité là-dedans ? (…) C’est pareil avec un agriculteur qui ne peut plus supporter le poids d’un salaire. Il cherche un voisin qui a besoin d’un mi-temps. Je répète ma formule : l’emploi au MoDem a été normal, régulier et légal. J’ajoute moral », se défend le maire de Pau, estimant qu’« on a monté une affaire tout à fait infondée ».

 

« ON PEUT FOUILLER MA VIE, ON NE TROUVERA RIEN »

« Le MoDem n’a jamais eu d’emplois fictifs », répète-t-il.

Et M. Bayrou d’assurer qu’il n’a pas été déçu de quitter le gouvernement, à peine plus d’un mois après sa nomination au ministère de la Justice. « Je ne pouvais pas me défendre comme garde des Sceaux. On allait détricoter ce que j’ai mis ma vie à construire. On visait aussi bien la loi de moralisation que ma vie publique et aussi le président de la République. On peut fouiller ma vie – et cela a déjà été fait –, on ne trouvera rien . »

Son nom n’est pas cité dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte sur les emplois du MoDem, mais François Bayrou affirme qu’il répondra aux enquêteurs avec plaisir le cas échéant : « Je ne vois pas ce qui est désagréable à répondre aux questions. Je n’ai aucune difficulté. »

De son côté, interrogé sur France Inter, le député UDI Charles de Courson a déclaré qu’« on ne découvre rien du tout, tout le monde sait. Au MoDem, ils faisaient un petit contrat, à temps très, très partiel, le reste était payé par le Parlement européen dans le cadre d’assistants parlementaires».

Selon M. de Courson, « il y a d’autres courants politiques concernés, Les Républicains, peut-être même nos collègues socialistes ». « C’est une pratique qui ne concerne pas seulement les assistants parlementaires européens, qui peut aussi concerner les assistants parlementaires des députés nationaux. »

Radio France a diffusé une enquête dans laquelle témoigne, sous couvert d’anonymat, un ancien assistant parlementaire européen UDF de la période 2004-2009 selon lequel plusieurs assistants ne fournissaient aucun travail pour leurs eurodéputés. Le parquet de Paris a ouvert début juin une enquête préliminaire pour abus de confiance et recel de ce délit. Mercredi, les deux poids lourds du MoDem, François Bayrou et Marielle de Sarnez, ont quitté le gouvernement, suivant de près la ministre des Armées Sylvie Goulard, ancienne eurodéputée MoDem.

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