Vu de Suisse. “Macron n’est pas dans une logique de choc direct avec les Français”

Emmanuel Macron dans la Galerie des Bustes, à Versailles, le 3 juillet. REUTERS/Etienne Laurent/Pool

Richard Werly, correspondant à Paris du journal suisse Le Temps, a suivi l’allocution d’Emmanuel Macron devant le Congrès, lundi 3 juillet. Il décrypte le discours du président français.

Devant le Congrès, à Versailles, Emmanuel Macron a annoncé des réformes institutionnelles. Assiste-t-on à un vrai changement démocratique en France ?

Emmanuel Macron a proposé un changement de fonctionnement plutôt qu’un changement de nature : il n’y aura qu’une dose de proportionnelle, ce qui n’altère pas la logique du scrutin majoritaire ; le droit de pétition annoncé est loin d’être un vrai mécanisme de démocratie directe permettant aux citoyens de faire irruption dans le monde politique. Il s’agit davantage d’un aménagement du système présidentiel français, puisque tout le reste de son intervention, y compris le décorum, confirme que Macron reste très présidentiel.

Qu’est-ce qui était le plus important dans son discours, le fond ou la forme ?

Le fond, clairement. La forme était celle de toute intervention devant le Congrès, tout était annoncé, chorégraphié. Sur le fond, on peut retenir que c’est un homme qui veut se forger une posture aussi intellectuelle que politique. Il parle aux Français à travers les parlementaires et se taille ainsi un costume de président-professeur-intellectuel. L’objectif de son discours était de dire aux Français : je vais vous faire changer mais je ne vais pas vous affronter. Il était dans une posture à la Sarkozy en ce qui concerne la domination du paysage politique, mais lui n’est jamais dans le dur quand il s’agit de proposer des choses, il se réserve la possibilité d’esquiver. Avec son discours à Versailles, il n’y a pas de quoi monter aux barricades. C’est son extrême subtilité : il n’est pas dans une logique de choc direct avec les Français.

Quel rôle reste-t-il au Premier ministre ?

Macron a ménagé beaucoup de place à Édouard Philippe : à aucun moment il n’a abordé la mise en œuvre du redressement des dérapages budgétaires, ni la flexibilité du marché du travail, ni les questions de fiscalité. Édouard Philippe a la charge du redressement économique de la France, et Emmanuel Macron a la charge de son redressement moral.

Propos recueillis par Corentin Pennarguear

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