Épicure, Aristote et Descartes, tel serait donc le cocktail philosophique avec lequel se fabrique le bonheur dans le monde d’aujourd’hui !

 

Épicure, Aristote et Descartes, tel serait donc le cocktail philosophique avec lequel se fabrique le bonheur dans le monde d’aujourd’hui !

On ne peut pas être heureux tout seul ! Telle semble être la leçon de la dernière livraison du Rapport mondial sur le bonheur, réalisé sous l’égide de l’ONU par l’université Columbia (États-Unis) et la London School of Economics (Royaume-Uni). Le classement des pays ne réserve pas de grandes surprises, avec les pays du nord de l’Europe en tête, la France, toujours un peu déprimée, à la 31e place et les pays en guerre comme la Syrie en bas de tableau.

Plus intéressants sont les critères en fonction desquels on se déclare heureux aujourd’hui. À partir des réponses de plus de 3 000 personnes interrogées sur la qualité de leur vie sur une échelle allant de 0 à 10 dans plus de 150 pays, les chercheurs ont tenté de mettre en lumière l’importance respective de six critères : la prospérité (avec le PIB par habitant), la santé (avec l’espérance de vie), mais aussi la qualité du lien social – mesurée à partir du sentiment de « pouvoir compter sur quelqu’un en cas de difficulté » –, le sentiment d’être libre de choisir sa vie, le fait de bénéficier de la générosité et la qualité de l’environnement politique estimée à partir de l’importance de la corruption dans le sentiment de malheur. Résultat : le fait de pouvoir compter sur quelqu’un en cas de difficulté est plus décisif que la prospérité. C’est lui qui fait croître ou décroître le sentiment de bien-être sur le long terme. En termes philosophiques, on pourrait rattacher cette tendance à la conception épicurienne du bonheur, qui fait de la possession de l’amitié le critère de la félicité.

EPICURE

Épicure précisait d’ailleurs que « ce n’est pas tant l’intervention de nos amis qui nous aide mais le fait de savoir que nous pourrons toujours compter sur eux » (Maximes capitales). Deuxième enseignement : si l’Afrique reste « le continent le moins heureux », il apparaît que ce sont les attentes non remplies et toujours vives vis-à-vis d’ d’institutions démocratiques non corrompues et capables d’améliorer le sort de chacun qui expliquent cette stagnation. 

ARISTOTE

Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote écrivait que le Bien Suprême, source du bonheur, « dépend de la science suprême et architectonique par excellence qu’est la politique ».

Troisième enseignement : l’importance grandissante de la santé mentale, qui dépasse le facteur du revenu en Occident et surclasse la maladie physique partout dans le monde. « Le vrai usage de notre

DESCARTES

raison pour la conduite de notre vie, écrivait Descartes à Élisabeth de Bohême, est de choisir entre les différentes perfections tant du corps que de l’esprit. Et parce que celles du corps sont moindres, on peut dire que, sans elles, il y a moyen de se rendre heureux ».

Épicure, Aristote et Descartes, tel serait donc le cocktail philosophique avec lequel se fabrique le bonheur dans le monde d’aujourd’hui !

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