BÊTE COMME UN CONSEILLER MUNICIPAL BETHUNOIS ?

« Le grisou est considéré comme une énergie renouvelable », signale Pierre-Emmanuel Gibson. Le grisou est aussi présent en grande quantité, et peu cher. « L’or noir sous nos pieds on le transforme en or vert », déclare l’élu à la presse. Toujours dans la même veine, Olivier Gacquerre, le maire en perdition,  évoque que la nouvelle chaufferie alimenté PARTIELLEMENT au gaz de mine sera une vitrine.

Une fois encore on nous fait prendre des vessies pour des lanternes mais là, la majorité municipale (et certains membres de l’opposition) démontre leur incapacité à voir au delà du bout de leur nez. On pourrait presque en rire, si leur imbécillité ne compromettait pas sérieusement notre avenir.

En effet, la société Gazonor exploite depuis 1992 le gaz issu des anciennes mines de charbon du Nord-pas-de-Calais. Chaque année, environ 80 millions de mètres cubes de « grisou » en sont extraites, gaz qui comprend 54% de méthane. Elle utilise depuis 2017 le gaz de mines de faible teneur en méthane et ne pouvant pas être injecté dans de réseau de Gaz de France.

De plus, Gazonor est confronté à une inéluctable remontée de nappe dans tout le bassin, avec à terme une baisse de pression de gaz et aussi avec une « possible compartimentation des réservoirs due à la remontée des eaux dans les mines », ce qui conduit l’entreprise à chercher à diversifier ses forage, notamment pour assurer « une répartition plus uniforme de la dépression sur l’ensemble des vides miniers ». Selon le rapport d’enquête publique de 2014 plusieurs études (2005, 2007) ont conclu à des perspectives de production jusque vers 2025 . C’est pourquoi Gazonor envisage d’exploiter non plus le gaz de mines mais le gaz de couche. Mais là il y a danger….

GAZ DE COUCHE : DANGER

En effet, sous le terme générique du gaz de houille se  cachent deux entités distinctes : le gaz de mine et  le gaz de couche.

Pour les mines dîtes «grisouteuses», le premier migre naturellement vers la surface après  l’exploitation du charbon alors que le second a besoin la plupart du temps que la roche soit  fracturée ou dépressurisée pour être récupéré.

Le gaz de mine était issu des couches de charbons  exploités, aujourd’hui il est issu des veines de  charbon non exploitée d’où il migre vers les anciens  travaux miniers où il est récupéré par dépression  depuis les années 1970, c’est le cas des mines  désaffectées du Nord- Pas-de-Calais., le gaz de  mine est principalement composé de méthane

(CH4) il s’agît du fameux grisou.

Le gaz de couche pourrait être produit à partir de  couches de charbon vierges n’ayant fait l’objet  d’aucune exploitation minière classique en raison  de leur profondeur ou de leur mauvaise qualité.

Le gaz de couche est aussi constitué de méthane mais il est absorbé à la surface des blocs de charbon et peut être libéré si l’on diminue la pression, par exemple en pompant l’eau dans la couche de charbon.

Le débit sera proportionnel à la surface de contact entre le forage et le charbon.

Lorsque le gaz en contact avec les branches horizontales du forage a été libéré, le rendement diminue très vite.

Il faut donc dans un premier temps multiplier les branches horizontales dans la couche de charbon  pour avoir un débit intéressant lors de l’exploitation.

Il faudra dans un deuxième temps utiliser la fracturation hydraulique pour augmenter le rendement,  comme cela se fait couramment en Australie ou en Chine avec tous les problèmes économiques,  sanitaires et environnementaux que cela implique pour les populations locales

 

Communiqué de presse des Collectifs contre les pétroles et les gaz de schiste et de couche

La société « La Française de l’énergie » prétend exploiter le gaz de couche, en Lorraine et dans le bassin minier du Nord. Or, la perméabilité du charbon en Lorraine est très faible : 1,7 millidarcy, ceforage EGL stop gaz de couche qui rend cette exploitation non rentable hors fracturation hydraulique, ce que l’entreprise a parfaitement démontré. En effet, le seul puits qui a permis de certifier des ressources est celui de Folschviller qui a été fracturé (avant la loi de 2011) et depuis, malgré la technique innovante et infaillible tant vanté par M. Moulin, président de l’entreprise, les forages sont des échecs. A Tritteling, 3500 m de drains multilatéraux n’ont pas ajouté un seul m3 de gaz dans les réserves prouvées de l’entreprise. Dans le Nord, la géologie est plus défavorable encore, avec des couches plus minces et très plissées.

Le BRGM avait déjà exprimé en 2013 cette difficulté d’une exploitation rentable des gaz de charbon sans fracturation hydraulique, liée à la faible perméabilité des charbons français !

Pourtant, l’entreprise s’entête, profite de la complicité de l’état et 16 nouveaux forages sont déjà autorisés : Pontpierre, Longeville, Lachambre, Zimming… en Lorraine, Avion et Divion dans le Nord/Pas-de-Calais.

De nombreux témoignages en provenance d’Australie, où le gaz de couche est exploité, renforcent nos craintes sur les dégâts sanitaires et environnementaux inhérents à cette exploitation : menaces sur la quantité d’eau disponible, risques de contamination de la nappe phréatique, fuites de méthane, affaissements de terrains, séismes, …

« la Française de l’Énergie : LFDE» est née suite à une opération de marketing d’une autre société, EGL, elle-même endettée à hauteur de 26 millions d’euros. LFDE garde les mêmes incapacités financière et technique et a pu obtenir son introduction en bourse en juin 2016. Elle rachète dans la foulée Gazonor, ce qui lui permet d’avoir enfin des revenus, puisque Gazonor commercialise du gaz de mine.Résultat de recherche d'images pour "gaz de couche danger"

Le dossier d’introduction en bourse est basé sur des mensonges. Mensonges sur les surfaces de permis, incluant des surfaces non encore attribuées à LFDE, mensonges sur les techniques qui seront utilisées (technique inefficace), réserves de gaz largement surestimées…

Les actionnaires espérés se sont vite évanouis et l’action est passée de 27€ en juin à 10 € environ en novembre.

Alors que le code minier prévoit l’étude de la capacité financière et de la capacité technique par les services de l’état avant toute délivrance de permis, on ne peut qu’être étonné devant les acceptations de travaux de forages qui se multiplient.

Et bien sûr, la première raison qui interdit l’exploitation des gaz de schiste et de couche est le réchauffement climatique

Les scientifiques affirment qu’il faut laisser 80% des énergies fossiles dans le sous-sol afin de ne pas dépasser les deux degrés de réchauffement de la planète, au-delà desquels les conditions d’une vie acceptable sur terre seraient menacées. Où est donc le sens de continuer à explorer pour trouver de nouvelles énergies fossiles ? Malgré les beaux discours de nos gouvernants lors de la COP 21 à Paris, les accords signés ne sont pas contraignants, peu ambitieux et laissent aux multinationales une part belle pour continuer leur business « as usual ».

Les lobbys pétro-gaziers sont à l’œuvre (lobbysme à l’intérieur des institutions européennes : promesse d’embauche aux élus, financement de projets, corruption de tous ordres) et la production d’énergie fossile continue et même les prix baissent parce qu’il y a surproduction : RIEN ne change !

La baisse drastique de production de fossiles à laquelle on était en droit de s’attendre au vu des cris d’alerte des scientifiques n’a pas lieu !

Et pire, on nous présente maintenant le gaz comme énergie de transition alors que les fuites de méthane inhérentes à l’extraction de gaz de schiste et de couche sont comprise entre 6 et 8% des volumes extraits et que le méthane est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2 pour le réchauffement climatique !

Face à une entreprise mensongère, ne prenant en compte aucune exigence ni de la population inquiète des risques sanitaires à venir, ni de la contrainte climatique, nous demandons l’arrêt de ces forages.

Pour les collectifs, les gaz de schiste et de couche c’est donc ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !

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