Emploi familial : le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire sur le sénateur Michel Mercier

« Le Canard enchaîné » avait révélé mercredi que l’ancien ministre, tout juste nommé au Conseil constitutionnel, avait employé deux de ses filles en tant qu’assistantes parlementaires.

Michel Mercier, le 16 mars 2016 à la tribune du Sénat, à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le PNF va vérifier les informations du Canard enchaîné. Le parquet national financier a ordonné une enquête préliminaire sur le sénateur du Rhône Michel Mercier, soupçonné de détournements de fonds public pour avoir employé sa fille en tant qu’assistante parlementaire, a appris franceinfo vendredi 4 août de source proche de l’enquête, confirmant une information du Monde. La commission des lois du Sénat a validé mercredi la nomination de Michel Mercier au Conseil constitutionnel.

Ancien ministre de la Justice, Michel Mercier est soupçonné d’avoir employé deux de ses filles. L’une, Véronique, a été de 2003 à 2012 son assistante au Sénat et dans les différents ministères. L’autre, Delphine, intéresse particulièrement les enquêteurs. Embauchée à mi-temps de 2012 à 2014 lorsque Michel Mercier est redevenu sénateur, celle-ci vivait à Londres, selon le Le Canard enchaîné. L’hebdomadaire ajoutait dans son édition de mercredi que « son labeur n’a guère laissé de trace ».

« Un travail effectif a été réalisé »

Le sénateur du Rhône, qui a sollicité un avocat pour le représenter, a confirmé durant son audition par la commission des lois du Sénat l’emploi de sa fille Delphine. Il a justifié cette embauche par le fait qu’il gérait à l’époque « des dossiers d’ordre culturel très difficile » et que celle-ci avait toutes les compétences pour l’assister. Il a toutefois assuré que celle-ci « était domiciliée à l’époque en France », en précisant avoir vérifié ce fait sur le contrat de travail, et que sa fille avait été embauchée à temps partiel.

Dans un communiqué, Michel Mercier a ensuite annoncé qu’il remettrait « les travaux réalisés par [sa] fille Delphine au Sénat afin de démontrer l’effectivité de l’emploi ». « Un travail effectif a été réalisé, il n’y a donc pas en l’occurrence d’intention frauduleuse », a-t-il encore souligné dans un autre communiqué.

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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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