Une pétition contre le statut de Première Dame dépasse les 200 000 signatures

La Première Dame française ne possède pour l’instant qu’un bureau, des collaborateurs et des secrétaires pour lire ses lettres. Brigitte Macron reçoit plus d’une centaine de missives chaque jour. ARCHIVES LA VOIX DU NORD

C’était une des annonces de campagne d’Emmanuel Macron. Le président, alors seulement candidat, avait annoncé vouloir lever le flou sur le statut juridique de la Première Dame, dont le rôle n’est en effet précisé dans aucun texte de loi. Contrairement à la First Lady américaine, qui bénéficie de son propre budget et d’une équipe sous sa direction (Michelle Obama employait 18 salariés), le ou la coinjoint(e) du chef de l’État ne possède qu’un bureau, des collaborateurs et des secrétaires.

Malgré un coût estimé autour de 450 000 euros par an (selon la Cour des Comptes en 2014), le dispositif reste insuffisant pour Emmanuel Macron, qui a donc chargé une équipe de juristes de rédiger une charte pour codifier le rôle de la Première Dame, et lui allouer un budget personnel.

Un choix politique qui fait grincer les dents, alors que les députés ont paradoxalement voté pour l’interdiction d’emplois familiaux pour les parlementaires. L’opposition dénonce un « deux poids deux mesures » dans le cadre du projet de loi de moralisation de la vie politique.

Mais les élus ne sont pas les seuls à protester contre la montée en gamme du statut de Première Dame. Thierry Paul Valette, président du mouvement politique Egalité Nationale, a lancé une pétition sur Change.org qui est devenue virale. « Il n’y a aucune raison pour que l’épouse du chef de l’état puisse obtenir un budget sur les fonds publics », dénonce-t-il. « Avec un tel statut la première dame usera de son rôle comme bon lui semble et ce sera lui reconnaître une existence juridique qui permettrait de bénéficier d’un budget, d’un rôle important, de nombreux collaborateurs (…) A l’heure où l’état souhaite faire des économies dans le budget de l’armée et souhaite moraliser la vie politique, se pose un problème de conscience nationale. »

200 000 signatures

La pétition, adressée à Emmanuel Macron et au Premier ministre Édouard Philippe, a déjà récolté plus de 200 000 soutiens. Thierry Paul Valette appuie également son argumentaire sur les chiffres des sondages, qui donnent les Français largement défavorables à la création institutionnelle d’un statut de Première Dame.

« Nous dénonçons farouchement toutes les attaques sexistes envers Brigitte Macron et nous ne remettons nullement en cause ses compétences», temporise Thierry Paul Valette, qui se défend de mener une croisade personnelle. D’autant que Brigitte Macron jouit pour l’instant d’une certaine popularité chez les Français (49 % d’opinion plutôt voire très favorable). Mais «  si cette question doit être tranchée elle devra se faire dans le cadre d’un référendum et non du fait d’un seul homme  », précise l’auteur, qui espère obtenir un entretien avec Emmanuel Macron pour lui exposer son point de vue.

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