Financement public des syndicats : source de corruption ?

La France est un des pays d’Europe où les syndicats sont les moins représentatifs, avec seulement 8 % de salariés affiliés à une organisation syndicale, essentiellement dans le secteur public puisque seuls 2 % des salariés du privés sont syndiqués.

Si la législation sur la représentativité syndicale est en cause, maintenant un statu quo artificiel dans la représentation des salariés, le financement public des syndicats l’explique encore davantage, permettant à des centrales de perdurer, et même de prospérer, sans avoir pour cela besoin de convaincre des salariés d’adhérer.

Une étude de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Paris réalisée en 2014 révélait en effet que les syndicats, organisations patronales comprises, étaient subventionnés jusqu’à 81 % de leur budget, la palme étant étonnamment détenue par le « Medef des PME », la CGPME.

Pour les syndicats de salariés, le « bon élève » est sans surprise la CFDT, subventionnée à 22 %, mais les autres centrales sont beaucoup plus dépendantes des contribuables : 47 % pour Solidaires et l’UNSA, 54 % pour la CGT, 58 % pour la CGE-CGC, 63 % pour Force Ouvrière et 73 % pour la CFTC.

Face à cette situation, le législateur a choisi en 2014 de consolider ce financement public en prélevant sur chaque employeur et chaque salarié une cotisation obligatoire servant à financer les différents syndicats au nom de la gestion paritaire du système social, contrôlé de fait par les centrales.

Contribuables Associés a fait partie des premiers à dénoncer cette affiliation obligatoire aux syndicats, preuve à l’appui.

Ce financement public des syndicats n’est certes pas nouveau, mais il prend tout son relief avec les récentes grèves qui ont paralysé le pays, notamment avec les blocages des raffineries et des transports en commun lors du « mouvement social » qui a immobilisé la société contre la Loi El-Khomri, dite « Loi Travail ».

Une perfusion d’impôts qui déresponsabilise  les syndicats, et qui va de plus en plus être considérée par ces derniers comme un dû maintenant qu’elle est directement prélevée sur les véritables forces vives du pays, c’est-à-dire les entreprises et leurs salariés.

Si la cotisation peut sembler modique – 0,016 % de la masse salariale – elle représente chaque année des dizaines de millions d’euros qui viennent s’ajouter aux autres subventions existantes. Et en prélevant à la source cette cotisation obligatoire, il sera facile au législateur de céder au chantage des organisations syndicales pour augmenter graduellement le taux sans rencontrer d’opposition notable, ce prélèvement « indolore » n’étant pas de nature à susciter de réel mouvement de rejet.

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