En vacances « chez un ex-trafiquant »: les deux membres du gouvernement s’expliquent

Le ministre des Comptes public Gérald Darmanin quitte l’Élisée, le 19 juillet 2017.
afp.com/Martin BUREAU

Le site Mediapart annonce  mercredi dernier que le ministre Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, secrétaire d’État, passent des vacances dans la maison d’un ex-trafiquant de drogue.

Le ministre du Budget Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi son intention de déposer plainte pour diffamation contre Mediapart avec Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre chargé de la transition énergétique. En cause, un article du site d’information intitulé « Deux ministres sont en vacances en Corse chez un ex-trafiquant de drogue ».

Que révèle Mediapart?

Mediapart révèle ce mercredi que les deux collègues du gouvernement passent leurs vacances dans une villa de Corse, louée 4000 euros la semaine.

La maison appartient à Christelle Godani, miss Corse 1993 et compagne de Gilbert Casanova. Problème: cet ancien président de la chambre de commerce d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud a été condamné à plusieurs reprises par la justice. En 2005 pour « abus de bien sociaux et banqueroute frauduleuse » et en 2010 pour sa participation à un trafic de drogue international.

Selon Mediapart, les services de l’État étaient pourtant au courant de ce séjour dès le 21 juillet.

« Dès le 21 juillet, nous avons allumé les warnings et alerté la préfecture de Corse-du-Sud. Comme personne ne réagissait, le directeur adjoint du cabinet du Premier ministre, Thomas Fatome, a été prévenu par un appel privé, le 8 août. Mais visiblement, personne n’a déconseillé au ministre de séjourner à cet endroit… C’est incompréhensible! », assure à Mediapart une source policière.

Les ministres connaissaient-ils le CV de leur hôte?

 

Contacté par Mediapart, Sébastien Lecornu jure ignorer le CV judiciaire de son hôte. « Cette villa a été louée par des amis de l’Eure, avec qui nous partageons les frais de location. Je ne connais pas les propriétaires. Je dors et je bois du rosé, je commence juste à déconnecter. Vous êtes la première personne à me parler de cela! » De son côté, Gérald Darmanin confesse son ignorance à Mediapart et assure qu’il ne serait pas rendu dans la villa s’il en avait reçu la consigne. « Je viens du Nord, je ne suis pas au courant des subtilités corses », affirme-t-il.

Dans un message publié sur Facebook, les deux membres du gouvernement le réaffirment. Ils ignoraient le lien entre leur villa et Gilbert Casanova. « Nous sommes en vacances dans une maison louée avec des amis de l’Eure […] Cette maison est louée à une dame que nous ne connaissons pas qui est propriétaire de plusieurs maisons sur la côte près d’Ajaccio », écrivent les deux collègues.

Et d’ajouter: « Nous avons fourni à la journaliste le contrat de bail prouvant que ce monsieur Casanova n’est pas le propriétaire de la maison que nous avons louée. Nous lui avons également fourni les très nombreux échanges de mails que nos cabinets ont eus avec la préfecture qui, depuis plus de 3 semaines, sait où nous allons passer nos vacances et quel est le nom de la propriétaire qui n’a jamais eu aucun problème avec la Justice. » Selon eux, « la préfecture n’a émis aucune réserve sur le lieu desdites vacances ».

Pourquoi veulent-ils déposer plainte?

Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu trouvent « scandaleux » la formulation du titre de l’article de Mediapart: « Deux ministres sont en vacances en Corse chez un ex-trafiquant de drogue ».

Sur Facebook, ils assurent que cet article « n’a manifestement d’autre objectif que de nuire et d’annoncer des choses formellement inexactes et ce d’autant plus que nous avons répondu à toutes les questions de la journaliste et que nous lui avons transmis tous les documents pour clarifier la situation. » « Nous avons donc décidé d’attaquer en diffamation Médiapart. »

Sur Twitter, le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi – qui n’est pas auteur de l’article litigieux – a réagi à cette annonce.

 

Fabrice Arfi a retweeté Gérald DARMANIN

Chers lecteurs, nous vous tiendrons bien sûr au courant de la réalité de cette plainte et, si avérée, du résultat.

 NDLR: La préfecture a bon dos et à Béthune nous sommes bien placé  pour en parler… Paraît que le préfet a interdit les terrasses des cafés autour de la Grand’Place pour Béthune Retro ! Un maire qui a des pouvoirs de polices et qui se cache derrière les services de l’Etat n ‘est qu’un médiocre poltron. C’est le dernier avatar mais pas le dernier

Le costume est trop grand pour lui disions nous…

 

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