CONTRATS AIDÉS : LA COUPE DE TROP ?  

Le Premier ministre a confirmé vendredi la réduction des contrats aidés. À gauche et à droite, la contestation monte. 

Dans le cocktail de grognes préparé pour la rentrée, un ingrédient s’est ajouté ces dernières semaines : les contrats aidés. Le gouvernement, qui a trouvé à son arrivée des crédits très largement entamés par son prédécesseur, a décidé de diminuer drastiquement leur nombre. Au deuxième trimestre, 110 000 contrats pourront être signés, soit deux fois moins que sur la même période l’an dernier. Le coup est brutal.

Les contrats aidés peinent à prouver leur utilité économique. Ils coûtent cher à l’État et le taux de passage à un emploi durable est faible. C’est pourquoi les libéraux souhaitent les réduire. Jamais depuis une trentaine d’années, le scepticisme ne s’est traduit en acte. Si les contrats d’accompagnement à l’emploi (CAE) ne sont pas une solution durable au chômage, ils permettent d’en baisser temporairement les statistiques.

Mais si les CAE et autres acronymes se révèlent de piètres outils macroéconomiques, les contrats aidés sont aussi des personnes éloignées de l’emploi. S’ils ne sont « pas efficaces », comme le dit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui préfère mettre l’accent et les moyens sur la formation, ces emplois présentent une utilité quotidienne. Tel est le message martelé par les maires. Ils s’inquiètent notamment pour le milieu scolaire, même si le gouvernement a demandé à ne pas couper dans les contrats concernant l’Éducation. Le personnel s’occupant des enfants handicapés, notamm

PAR MATTHIEU VERRIER, La Voix du Nord

ent, relève de ce type de contrat. Les associations au budget limité y trouvent aussi le moyen d’employer des permanents. La colère est partie de La Réunion, où la rentrée scolaire a été reportée de quelques jours.

Dans les mairies, les associations et les syndicats, ces petites grognes viennent en goutte à goutte s’ajouter à la rentrée sociale. Avec le risque de rendre le cocktail explosif.

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