« Il est urgent que notre courant de pensée puisse faire entendre sa voix »  

La fumée blanche est enfin sortie de Solférino. Et la maison mère du PS   a sans surprise adoubé Michel Dagbert comme chef de file de la liste socialiste départementale pour les Sénatoriales du 25 septembre.

N’en déplaise à Jean-Pierre Corbisez ( lire ci-dessous), c’est bien l’option Michel Dagbert que la direction nationale du PS a validée hier. Le président du Département sera donc la figure de proue de la liste socialiste du Pas-de-Calais aux Sénatoriales. La fin d’un rocambolesque feuilleton comme seule la fédé du Pas-de-Calais en a décidément le secret (notre édition de samedi). « Sans doute y a-t-il là un sérieux axe de progrès, sourit Michel Dagbert. Dans la façon de ne pas faire de nos querelles internes des mélodrames publics ! Soit dit en passant, ce n’est pas mieux en face. La droite part en ordre dispersé. Decoster (le maire UDI de Saint-Omer)sera sur la liste En Marche de Vanlerenberghe. Et on ne peut pas dire chez les LR que Rapin et Fasquelle soient de très bons amis ! »

« On saura se retrouver, reprend le Barlinois en parlant de la légitime amertume que Jean-Pierre Corbisez pourrait ressentir. Il a le sens de la famille et des responsabilités. Il ne prendra pas le risque d’annihiler nos chances de victoire en présentant une liste dissidente ». Car le président du conseil départemental y croit, même s’il est très peu probable que le Sénat accueille quatre ambassadeurs PS du Pas-de-Calais comme en 2011 (Catherine Génisson, Jean-Claude Leroy, Daniel Percheron et Hervé Poher). « Il ne faut pas rêver. On a subi une répétition de gros revers. Mais voilà trop longtemps que les camarades n’ont pas eu la banane au lendemain d’une élection. Or, là, c’est possible. Et il est urgent et indispensable que notre courant de pensée, privé de tribune à la Région et désormais aussi à l’Assemblée nationale, puisse faire entendre sa voix. » Cette voix, cette voie que Michel Dagbert estime incarner depuis qu’il est aux commandes du conseil départemental. Pour notamment s’être refusé à sacrifier les politiques de solidarité sur l’autel d’un contexte financier délétère. Pour être également un soutien de poids à une ruralité désemparée, en étant la seule institution à avoir dopé ses aides en faveur des quelque 700 petites communes maillant le territoire. Voilà qui devrait faire mouche auprès des grands électeurs que le charismatique patron du conseil départemental rencontrera dans les semaines à venir.

Des élus auxquels Michel Dagbert aura l’occasion de dire aussi, et c’est une notion beaucoup plus en vogue qu’il y a deux mois, qu’il ne s’inscrira pas dans un rôle de contemplateur béat de la Macronie.

«Contrairement à ce qu’on a raconté, je n’ai pas appelé à voter Macron, mais j’ai à un moment donné opté pour un vote utile face à la menace FN. Je suis au PS depuis 1978. Il ne faudrait quand même pas que je fasse une analyse d’urine pour prouver de mon adhésion aux valeurs de la gauche de progrès !»

Intox ?

  

« C’est de l’intox ! Paris n’a pas tranché, et le bureau national ne se prononcera que le 4 septembre !Michel Dagbert veut faire en sorte que sa candidature devienne inéluctable, et il passe pour cela en force ! »

On était impatients d’appeler Jean-Pierre Corbisez à l’issue de la conférence de presse de Michel Dagbert. Pour recueillir son sentiment, savoir s’il comptait présenter ou pas une liste dissidente… On s’attendait à tout, mais pas vraiment à ce qu’il nous réponde ça ! Du coup, coup de fil à Michel Dagbert, pour avoir le fin mot de l’histoire. «Vous pensez franchement que je m’amurerais à ça ?,répond le patron du Département, tombant des nues. Et que mes camarades me suivraient dans ce genre de manœuvre ? À un moment il faut être raisonnable ! »

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