Parti socialiste: ne mettons plus la poussière sous le tapis

Plusieurs premiers secrétaires fédéraux appellent à la refondation du PS, qui doit passer par une clarification de la ligne politique : celle d’une gauche sociale-démocrate, européenne et écologiste.


Le Parti socialiste est coutumier des tribunes à la fin desquelles on ne lit que la liste des signataires et non pas le contenu des propos. Nous, premiers secrétaires fédéraux, souhaitons faire entendre la voix de nos territoires car des mesures doivent être prises urgemment afin de permettre la refondation de la gauche socialiste. L’objet de ce texte n’est pas de préparer un futur congrès mais bel et bien de poser les bases indispensables qui devront être au cœur de nos réflexions collectives en cette rentrée.
Le contexte politique que nous traversons est à bien des égards historique. Après les derniers échecs électoraux, la montée des populismes, l’émergence du parti présidentiel et l’élection de l’actuel président de la République, l’heure doit être à la refondation et à l’indispensable clarification tant sur le fond que sur la forme.
La période de mutation profonde qui est devant nous ne pourra réussir que si nous avons clairement répondu à la question de la ligne politique. En effet, nos divergences internes, affichées et médiatisées et par lesquelles nous sommes notre principal adversaire, rendent notre parti inaudible. Si elles ne sont pas clairement tranchées, elles le priveront durablement de toute crédibilité. Cette division, profonde, qui va bien au-delà des tendances habituelles qui ont toujours constitué la richesse du Parti socialiste, est à ce point manifeste qu’elle est connue de tous. Des militants bien sûr, mais également des sympathisants et des citoyens. Nous ne pouvons, dès lors, plus accepter la stratégie de certains de nos camarades qui entretiennent à l’intérieur les fractures qui leur permettent de prospérer à l’extérieur.
Nous l’affirmons sans détour, les militants souhaitent cette clarification. Ils sont la force vive de notre parti et le moyen de son rebond. Ils sont nombreux à l’exprimer très clairement : si le flou persiste, ils quitteront le Parti socialiste. C’est pourquoi il est urgent d’en clarifier la ligne, celle du rassemblement de la gauche responsable, de la gauche de gouvernement, de la gauche fière de ses valeurs : une gauche sociale-démocrate, européenne et écologiste.
Sur la forme, notre parti doit profondément se transformer. Promoteur historique de la décentralisation, il doit l’appliquer à son propre fonctionnement pour aller vers une organisation plus horizontale et réinventer son rapport aux militants comme aux sympathisants. Il s’agira donc d’ouvrir très rapidement un chantier interne d’évolution (pour ne pas dire révolution) de nos statuts qui ne répondent plus aux enjeux sociaux et sociétaux actuels.
Il est urgent et indispensable de repenser l’articulation entre les fédérations et le national, de redonner toute leur place aux militants, de laisser les territoires se structurer en fonction de leurs particularités locales, de penser une nouvelle organisation régionale autonome.
Enfin, et surtout, le Parti socialiste ne peut plus déléguer les questions politiques et la pensée socialiste à divers organismes et autres formations politiques. Il nous faut réinternaliser la pensée, le débat et les orientations politiques au sein de notre organisation et repenser nos liens avec les acteurs de terrain (associations, structures d’éducation populaire, acteurs économiques, etc.).
Ce qui fut débat puis division pour terminer en opposition n’est plus compatible au sein d’une même formation politique. Clarifions la ligne sociale-démocrate, européenne et écologiste et organisons la décentralisation au sein du Parti socialiste. Le processus doit être accéléré pour faire vivre la gauche en France. Il n’y a plus de temps à perdre.

Les premiers signataires :

Fabrice Farison (Fédération de Haute-Loire), Maude Clavequin (Fédération du Territoire de Belfort), Michel Neugnot (Fédération des Côte d’Or), Stéphane Cordier (Fédération d’Eure et Loire), Loïc Niepceron (Fédération de Haute-Saône), Jean-Pierre Liouville (Fédération de la Moselle), Hussein Bourgi (Fédération de l’Hérault ), Stéphane Ibarra (Fédération de la Vendée), Thierry Trijoulet (Fédération de la Gironde).

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