Bisbilles pour les sénatoriales… le PS du 62 avait-il besoin de ça?

Jean-Pierre Corbisez face à Michel Dagbert : la guerre des roses qui s’annonce au PS pour le Sénat… PHOTOMONTAGE PASCAL BONNIERE

Dates et heures ont leur importance. Un communiqué émanant de la fédération socialiste du Pas-de-Calais est tombé mardi 5 septembre à 20 h 03… Laconique, il stipule que suite « au bureau national du Parti, de ce lundi 4 septembre, la direction nationale a décidé d’investir, à l’élection sénatoriale du 24 septembre, la liste menée par Michel Dagbert, président du conseil départemental ».

Missive glissant au passage les traditionnelles louanges d’un « travail sérieux entrepris dans le processus de désignation » et des félicitations envers Michel Dagbert pour avoir su «  composer une équipe qui s’inscrit dans le respect des accords avec nos partenaires de la Majorité de Progrès, dans la représentation et dans la diversité de l’ensemble de nos territoires ». Notamment pour avoir cédé la deuxième place à une représentante du MRC.

Ce communiqué (non confirmé par un envoi du National) aurait pu sembler idyllique, sauf que ce ce même mardi, mais à midi, Jean-Pierre Corbisez, maire d’Oignies, en tandem avec Françoise Rossignol, maire de Dainville, déclenchait une conférence de presse pour dire qu’il présentait lui aussi une liste sous étiquette PS, arguant du fait que… Solférino n’avait pas tranché en faveur de l’un ou de l’autre !

Boum badaboum mardi soir avec le communiqué indiquant finalement le contraire après un flou gêné entretenu par le parti au niveau national.

« Si les collègues vont au bout de leur démarche, ils seront de facto dissidents et porteront une lourde responsabilité. »

Pour rappel, le lundi 28 août, Michel Dagbert avait lui aussi organisé une conférence de presse pour annoncer son investiture PS aux sénatoriales. Pendant la réunion, le sénateur sortant Jean-Claude Leroy aurait même eu Paris en direct pour s’entendre dire que « c’était bon, que c’était tranché et que Solférino se penchait sur d’autres départements » ! Sauf qu’à Solférino, ça patouille dans la gadoue depuis que le futur congrès de Reims planifié en février s’est invité dans la campagne des sénatoriales. Toutes les affaires sont traitées par le prisme du congrès où chaque courant doit peser. Même d’incontournables soldats de la tendance hamoniste qui ont soutenu la colère de Jean-Pierre Corbisez et ont mis un coup de pression. Alors, qui a finalement pris la décision et quand ?

Qu’importe pour Michel Dagbert qui veut désormais «  faire table rase du passé puisque notre liste est reconnue officiellement. Si les collègues vont au bout de leur démarche, ils seront de facto dissidents et porteront une lourde responsabilité. J’ai du respect et de l’amitié pour eux, mais ils font fausse route !  »

Ses adversaires en interne ne l’entendent pas de cette oreille…

«Je ne vois pas à quel moment cette décision a été actée au National»

Membre de la commission électorale et du bureau national, Jules Joassard est sidéré par cette situation ubuesque qui secoue le PS en Pas-de-Calais, comme il l’expliquait ce mercredi au téléphone.

Et il se pose une épineuse question : «  Pour avoir participé à toutes les commissions électorales et aux différentes instances qui ont pu évoquer ce problème, je ne vois pas à quel moment cette décision a été actée. Il n’y a pas eu de vote en commission nationale. J’ai plaidé depuis le début pour qu’on se réfère au premier tour du scrutin avec les militants, qui avait d’ailleurs conduit à l’élimination de la liste de Michel Dagbert face aux listes Corbisez et Capet (ce dernier, secrétaire fédéral, s’est ensuite retiré lorsque ont été évoqués des soupçons de fraude et de bourrage des urnes dans le bureau de Liévin au second tour du vote des militants). Et ce serait finalement à Michel Dagbert qu’on aurait confié le soin de conduire la liste représentant le PS dans le Pas-de-Calais ? Cette décision est inique. »

Un slogan pour les départementales... toujours valable pour les sénatoriales ?

Jules Joassard, dans un souci de transparence, continue «  à réclamer qu’une décision officielle soit annoncée au National. Au cours de cette dernière semaine, il y a eu un revirement que je trouve incompréhensible. Il y avait d’autres solutions. On a notamment proposé de faire tirer la liste par une autre personne (Françoise Rossignol aurait été pressentie). Apparemment, toutes les pistes explorées ces dernières semaines ont été balayées d’un revers de manche en quelques jours, alors qu’elles avaient été d’actualité tout l’été. Je pense que la décision a été prise par Rachid Temal (en charge notamment des investitures). Mais ça ne va pas dans le bon sens. Le PS ne doit plus fonctionner comme ça. L’ensemble du parti va en pâtir.  »  

Rachid Temal était injoignable par téléphone.

«Je ne vais pas me lancer dans la polémique!»

Françoise Rossignol, n°2 sur la liste Corbisez, garde le cap et continue la campagne en s’appuyant sur le vote des militants qui les avaient placés en tête et «  avaient même éliminé la liste du président Dagbert dès le premier tour. Alors est-ce qu’on sera dissidents ou pas dissidents ? Je ne vais pas me lancer dans la polémique. Nos documents de campagne sont à l’impression et il y aura le logo du PS. Je dis simplement que tout ça est malheureux pour la démocratie. Et je pense que ça va compliquer la situation au Département. Si Michel Dagbert venait à être élu, ça va être tendu pour l’élection d’un nouveau président. »

ARRAS-POLITIQUE-SENATORIALES

Jean-Pierre Corbisez a réagi succintement : « La candidature de Dagbert a été validée par une sorte de, tenez-vous bien, « consensus muet ». En gros, il était tard et personne n’a tranché. Il n’est pas exclu qu’on fasse un recours juridique au niveau national tant on est écœuré. »

Source: Marco Verriest, Hubert Féret Et Anna Morello , La Voix  du Nord

NDLR : Une fois  encore le vote des  militants comptent pour du beurre au sein de la Fédération du Parti Socialiste du Pas-de-Calais.  Ce sont ces  oligarques qui sont responsables de la montée du FN dans ce département.  Catherine Genisson et sa complice Marie Noëlle  Lienemann porte  une  lourde  responsabilité dans  la  perte de Henin Beaumont.

Triste  spectacle.  Michel  Dagbert qui a soutenu Emmanuel  Macron à l’élection présidentielle et Jean-Pierre Corbisez, Benoît Hamon qui a quitté   le  PS… Choisir entre la peste et le choléra et ils  partagent, en plus, en commun une bonne  dose  de médiocrité.

Pourtant le PS a des têtes de listes potentielles consensuelles.  Sylvain Robert maire de Lens, Laurent Duporge maire de Liévin ou Thierry Tassez maire de Verquin  ! Et bien d’autres.

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